jeudi 23 décembre 2010

VOTRE LIVRE AU COIN DU FEU...

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Merci à tous ceux qui ont bravé la pluie incessante et sont venus nous rejoindre au Garden Ice Café pour notre dernière Rencontre Littéraire de l'année 2010. Nous pensons à celles et ceux qui n'étaient pas là pour des raisons familiales très compréhensibles en cette période de fêtes. Confortablement installés, bien au chaud dans le café bondé aux airs de veille de Noël, nous avons passé deux heures extrêmement chaleureuses... Un réel plaisir à renouveler, assurément !
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CLIN D'OEIL...

(Bible de Jenson)
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LES INCUNABLES, LA NAISSANCE DU LIVRE - CONCLUSION

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Nicolas Jenson forme une société commerciale la première du genre, en s'associant à deux marchands de Francfort : Johann Rauchfass et Peter Ugelheimer. Grâce à ces alliés de poids, il sera en mesure de pénétrer le marché allemand et d'échapper ainsi aux retombées de la crise qui se feront sentir pendant encore trois ans. Tous les livres produits jusqu'alors le sont en latin, or, à la demande de sa clientèle londonienne, Girolamo Strozzi fait traduire en italien L'Histoire Naturelle de Pline par Christophorus Landinus et Les Histoires Florentines de Leonardo Bruni et Bracciolini Poggio par Donato Acciaiuoli et Jacopo Bracciolini. On comprendra encore mieux l'avance sur son temps de Nicolas Jenson quand on saura que dans le même temps, il a plus de 500 ducats de livres en stock dans la seule ville de Pavie, des agents dans la plupart des villes d'Italie et qu'un certain William Tose gère ses intérêts au nord des Alpes. A partir de 1475 Jenson trouve le juste équilibre lui permettant de vendre au mieux sa production en imprimant entre 8 et 10 ouvrages par an jusqu'en 1480, date à laquelle il s'associe avec Johannes de Colonia, l'autre grand imprimeur vénitien, pour créer une société commerciale typographique connue à Venise sous le nom de La Compagnia. Jenson disparaît à l'âge de 61 ans après avoir écrit un testament retrouvé en 1887 à la bibliothèque Mariana de Venise. Il laisse derrière lui une énorme fortune amassée en à peine dix années de travail, de courage et d'innovation lui valant le surnom de Richissimo et surtout, la création de types de caractères d'un style nouveau utilisés ensuite pendant plus de cinq siècles. Le fonds de l'atelier de Jenson est acheté par l'imprimeur Andreas Teorresani de Asola, beau-père d'Alde Manuce, le second grand imprimeur vénitien, inventeur d'un alphabet grec et du caractère italique tel que nous le connaissons toujours aujourd'hui. Si Gutenberg a mis au point la technique de fabrication du livre imprimé, Jenson en a inventé les caractères, la mise en page et les techniques de vente.
Philippe Deblaise
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CLIN D'OEIL...

(aulus gellus pieds de mouche)
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VENISE ET JENSON

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Il retrouve Konrad Schweynheim et Arnold Pannartz installés au monastère de Subiaco près de Rome grâce à l'appui d'un certain Giovanni Andrea de Bussi évêque d'Aléria. Il se remet au travail à leurs côtés et retrouve avec plaisir les burins et l'activité dans laquelle il excelle désormais. Les presses, les poinçons et les fontes de caractères sont restés à Mayence et il faut tout reprendre à zéro. C'est alors l'occasion pour lui d'inventer et de prendre de la distance avec les caractères froids et anguleux de Gutenberg désormais bien éloignés de la Dolce Vita romaine. Parmi les manuscrits jonchant la table de travail de Pannartz, l'un d'eux attire l'oeil de Nicolas par l'équilibre de sa graphie. Il s'agit d'un texte de Virgile transcrit vers 1450 à partir d'un manuscrit ancien par un certain Battista Cingulano. L'écriture de pur style humanistique dont les caractères appartiennent à la famille alors en vogue dans les milieux intellectuels italiens des lettera antica formata. Nicolas en dessine chaque lettre sur le papier et ajoutant son grain de sel au corps de chacun d'elle, il en améliore progressivement l'esthétique et surtout la lisibilité. Se sentant à l'étroit et désireux d'entreprendre, Nicolas décide de quitter ses deux amis. Nous sommes en 1469 et il a appris que son vieux camarade Jean de Spire est à Venise, qu'il a obtenu du Sénat de la République de cette ville le droit d'imprimer pour cinq ans et qu'il a donc installé une presse autour de laquelle il travaille avec son frère Wendelin. Il part le retrouver mais trouve Jean dans un triste état, il est gravement malade et meurt quelques mois plus tard. Nicolas décide alors de créer son propre atelier et s'installe dans cette ville où il donne en 1470 de praeparatione evangelica libri (préparation évangélique) d'Eusèbe de Césarée (le premier historien de l'Eglise). Il imprime dans un caractère romain totalement nouveau qui se révèle être un chef d'oeuvre puisque c'est de lui que seront ensuite tirés tous les caractères d'imprimerie en vigueur encore de nos jours. Cette même année de 1470 il imprime quatre autres ouvrages : La réthorique et Les lettres à Brutus de Cicéron, un texte de Guarino de Vérone et le Justini Epitome Historarum de Trogue Pompée. Son entreprise connaît un franc succès car l'année d'après (1471), il crée un caractère grec qu'il utilise dans les citations ainsi qu'un caractère majuscule inspiré des monuments antiques ; il imprime pas moins de vingt ouvrages ce qui, compte-tenu de la somme de travail nécessaire à chaque tirage, est considérable et laisse penser qu'il a dû monter des presses supplémentaires et embaucher et former du personnel.
Philippe Deblaise
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CLIN D'OEIL...

(aulus gellus marges)
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MAYENCE ET JENSON

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C'est justement dans l'atelier de Fust et Schöffer que nous retrouvons Nicolas Jenson en train de composer le texte d'une nouvelle publication. Nous sommes en 1460 et tandis que Gutenberg travaille à l'impression d'une nouvelle bible à 36 lignes au lieu de 42, de leur côté Fust et Schöffer comptent sur cette nouvelle recrue experte en taille de métaux, pour donner un coup de jeune aux vieux DK-types d'un style maintenant révolus. Passionné par son nouveau métier, Nicolas emmagasine tout ce qu'il peut de ce fascinant savoir et brille surtout dans la sculpture des poinçons. Il les ciselle dans l'acier qu'il trempe ensuite afin de le rendre plus dur puis, d'un coup de marteau, imprime un morceau de métal plus tendre comme le cuivre. C'est dans cette empreinte qu'il coulera ensuite un mélange en fusion de plomb et d'antimoine qui, une fois refroidi et durci, donnera le caractère d'imprimerie. Il tisse des liens d'amitié avec plusieurs imprimeurs que l'on retrouvera ensuite aux quatre coins de l'Europe comme Ulrich Gering, Martin Kranz et Michael Friburger qui, à La Sorbonne, animeront le premier atelier typographique français, il voit régulièrement Konrad Schweynheim et Arnold Pannartz qui fonderont au monastère de Subiaco près de Rome, le premier atelier italien et devient l'ami de Jean de Spire qui, associé à son jeune frère Wendelin, montera quelques années plus tard la première presse à Venise. L'opposition entre les archevêques Dieter von Isenburg élu en 1459 et Adolph II de Nassau nommé par le Pape en 1461 provoque en 1462, une guerre civile qui fera plus de 400 morts, verra la destruction de 150 maisons et provoquera la fuite d'une grande partie des mayençais. Cet événement très local et presque anodin au regard de l'histoire est à l'origine de la révolution culturelle la plus marquante de l'ère moderne : la dispersion dans toute l'Europe d'un savoir jusqu'alors jalousement gardé et cantonné à la seule ville de Mayence.
Philippe Deblaise
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CLIN D'OEIL...

(aulus gellus titre enluminé)
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MAYENCE ET GUTENBERG

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Arrivé à Mayence (Mainz), Nicolas réussit à se faire embaucher dans l'atelier ou l'un des ateliers dirigés par Johann Genfleisch dit Gutenberg et ses deux associés Johann Fust et Peter Schöffer. Nous savons peu de choses sur la vie de Gutenberg. Issu d'une famille de patriciens (bourgeoisie) de Mayence, son père se nomme Friele Genfleisch zur Laden, il est maître de compte de la ville et gère une affaire de tissus en gros. Dans les années 1428-1430, une période de troubles entre les patriciens et les guildes pousse une partie des Mayençais à quitter la ville. C'est ce que fait Gutenberg car on le retrouve à Strasbourg où son nom est plusieurs fois mentionné dans le registre de la taxe des vins où il parait en avoir acheté 1924 litres le 9 juillet 1439. On le retrouve ensuite associé avec un certain Hans Rife dans une affaire de fabrication de petits miroirs destinés à être fixés aux larges chapeaux des pèlerins en route pour Aix La Chapelle où tous les sept ans affluaient des dizaines de milliers de personnes (sortes de badges représentant des effigies de Saints sur lesquels étaient fixés des miroirs). Gutenberg avait probablement inventé un procédé de fabrication lucratif puisqu'un troisième associé le rejoint en la personne d'Andreas Heilmann. Durant tout le XIVème siècle, circulent (vendues par des colporteurs), des images pieuses ou de courts livrets d'histoires populaires appelés livrets xylographiques (la bible des pauvres, l'apocalypse, Ars memorandi, contincum canticorum) imprimés (tamponnés) et parfois mis en couleurs. Ces livrets sont reproduits à partir de planchettes de bois gravées, tamponnées d'encre au chiffon et appliquées par la pression de la main sur un papier de médiocre qualité, ils conviennent à une production très limitée. L'invention de Gutenberg au contraire, en employant des caractères individualisés et interchangeables en métal, offre une plus grande rapidité sans que n'apparaissent comme c'est le cas avec le bois, des traces d'usure et un déficit d'encrage après les premières centaines d'exemplaires. Un troisième homme, Peter Schöffer s'associe à Fust et Gutenberg. L'entreprise entre alors dans une réelle phase productive poussant Schöffer à prêter 800 autres Gulden afin de faire face aux frais d'entretien, de loyer, de parchemin, de papier, d'encre et surtout de personnel.
Philippe Deblaise
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CLIN D'OEIL...

(Imprimerie du XVème siècle) ---

SUR LES PAS DE NICOLAS JENSON, TEMOIN ET ACTEUR DE SON TEMPS

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Né vers 1420 à Sommevoire en Champagne d'une famille assez aisée pour lui payer des études, il a appris le latin, quelques rudiments de grec mais s'est orienté vers le dessin et la gravure. Vite remarqué pour ses talents, il reçoit une formation de graveur et de frappe des monnaies et rejoint comme maître graveur le prestigieux atelier royal des monnaies de Tours. Charles VII l'investit d'une mission pour le moins extraordinaire : celle de se rendre à Mayence en Allemagne où, selon les dires d'un de ses espions, un certain Gutenberg aurait inventé un procédé révolutionnaire permettant de reproduire la calligraphie d'une manière mécanique. A l'époque où Jenson fait ses bagages, le livre est loin d'être courant, en effet, il existe sous forme manuscrite et d'un coût de production tel qu'il ne peut être réservé qu'à quelques privilégiés et bien sûr aux religieux employant dans les scriptoria de leurs monastères, les copistes, les rubricateurs, les enlumineurs et les relieurs capables de coudre et d'assembler les précieux feuillets du papier ou du vélin. Ces volumen le plus souvent calligraphiés sur des supports végétaux peu stables comme le papyrus sont devenus des rotuli avec l'apparition du parchemin, matériaux souple et solide (indestructible, imputrescible). Inventé en Chine au IIème siècle, les secrets de sa fabrication seront livrés aux arabes par des papetiers chinois faits prisonniers en 751 lors de la bataille de Samarkand. Il suivra ensuite la conquête islamique pour pénétrer en Europe par la Sicile et l'Espagne et à cause de cela, restera longtemps rejeté comme étant un produit venant des Infidèles. Il faudra attendre le XIIIème siècle en Italie (nord, Lombardie) et le XIVème siècle en France (Provence, Auvergne, Charente) pour que soient construits les premiers moulins à papier et qu'apparaissent les premiers supports d'écriture constitués de ce matériaux.
Philippe Deblaise
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mercredi 22 décembre 2010

CLIN D'OEIL...

(Jenson)
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LES INCUNABLES, LA NAISSANCE DU LIVRE

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Qu'est-ce qu'un incunable ? Incunable vient du latin incunabula qui dans un premier temps signifiait les langes des enfants et qui par extension est devenu le berceau puis chez Cicéron l'origine, le commencement.
L'incunable est le livre pris à son début, à son origine, à ceci près que le livre ayant existé sous forme manuscrite bien avant que ce terme n'apparaisse, le mot incunable définit le livre dans sa forme imprimée de l'invention de l'imprimerie vers 1460 jusqu'en 1501. 1501 à cause du changement d'année à Pâques jusqu'en 1564.
Philippe Deblaise
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LES INCUNABLES, LA NAISSANCE DU LIVRE

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Les Libériades ont choisi pour vous quelques extraits de la conférence donnée par Philippe Deblaise, avec l'aimable autorisation de l'auteur.
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CLIN D'OEIL...

(Bible de Gutenberg)
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LES INCUNABLES, LA NAISSANCE DU LIVRE

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Merci infiniment à Philippe Deblaise de nous avoir offert cette conférence de grande qualité et pour sa passion communicative. Nous lui souhaitons un réel succès lors de ses prochaines interventions.
Merci également à Messieurs Mathieu et Roland de nous avoir accueillis, toujours aussi chaleureusement, dans la magnifique Bibliothèque de l'Ancienne Ecole de Médecine Navale. Nous étions près de trente personnes dans ce lieu correspondant on ne peut mieux au thème de la conférence : "LES INCUNABLES, LA NAISSANCE DU LIVRE".
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samedi 27 novembre 2010

PROCHAINE RENCONTRE LITTERAIRE - DECEMBRE 2010

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VENEZ NOUS RACONTER
VOTRE LIVRE
AU COIN DU FEU !
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Le livre de votre choix
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MERCREDI 22 DECEMBRE 2010
16h30
GARDEN ICE CAFE
27, Rue Audry de Puyravault
Rochefort Sur Mer
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PROCHAINE RENCONTRE LITTERAIRE - DECEMBRE 2010

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HORS-SERIE N°2
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INCUNABLES,
LA NAISSANCE DU LIVRE
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Conférence de
Philippe DEBLAISE
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MERCREDI 8 DECEMBRE 2010
16H30
Ancienne Ecole
de Médecine Navale
25, Rue de l'Amiral Meyer
Rochefort Sur Mer
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Philippe Deblaise tiendra une conférence intitulée : "INCUNABLES, LA NAISSANCE DU LIVRE" au cours de laquelle il abordera les différentes phases qui se sont succédées depuis l'invention de la typographie à Mayence vers 1460 jusqu'à la diffusion du livre dans toute l'Europe et en particulier à Venise où, sous l'impulsion d'un certain Nicolas Jeanson, il adoptera la forme que nous lui connaissons aujourd'hui.
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Philippe Deblaise vient de sortir un livre Mes arbres à histoires, aux éditions du Croît Vif, des nouvelles autour des arbres de notre région, illustrées par des photographies de Jean-Charles Folliet, artiste de Saintes.
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LES ROMANS POLICIERS - LES MOTS DE...

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"La neige fondait dans la montagne et Bunny était mort depuis plusieurs semaines quand nous avons fini par comprendre la gravité de notre situation. Il était mort depuis dix jours quand on l'a trouvé, vous savez. Ce fut l'une des plus grandes chasses à l'homme dans l'histoire du Vermont - la police fédérale, le FBI, même un hélicoptère de l'armée ; l'université a fermé, l'usine de teinture de Hampden s'est arrêtée, des gens sont venus du New Hampshire, du nord de l'Etat de New York et même de Boston.
Donna Tartt - Le maître des illusions
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LA MORT A SES HABITUDES, de Susan Hill (Robert Laffont)

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Susan Hill est née en Angleterre, à Scarborough dans le Yorkshire. Son premier roman parait en 1961 alors qu'elle n'est encore qu'étudiante.
Depuis, elle n'a cessé de publier, tout en étant journaliste, et compte aujourd'hui une oeuvre variée et riche, composée de livres pour enfants, romans et pièces de théâtre.
Elle vit dans une ferme dans la région des Cotswolds avec son mari, le professeur Stanley Wells, spécialiste de Shakespeare.
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MEURTRES A LAFFERTON
Dans la petite ville de Lafferton, deux femmes disparaissent sans laisser de trace. Des femmes qui n'ont apparemment rien en commun. Un secret les a-t-il contraintes à abandonner leur paisible existence ou ont-elles été enlevées ? Mais par qui ? Et a-t-on une chance de les retrouver vivantes?
Simon Serrailler, le séduisant chef de la police locale, confie l'enquête à Freya Graffham, jeune inspectrice nouvellement arrivée de Londres. Intuitive et tenace, Freya devine la présence dans la ville d'un assassin aux pulsions démoniaques. Reste à déterminer l'identité sous laquelle il se cache.
Terrifiante, la voix du meurtrier se mêle au récit, tandis que le nombre des disparues augmente... Freya semble bien être la prochaine proie choisie par le tueur. Simon Serrailler, l'homme censé la protéger, est celui par lequel le drame surviendra.
(Quatrième de couverture)
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OU RODENT LES HOMMES
Le mal s'acharne sur la petite ville de Lafferton : David, neuf ans, a disparu sur le chemin de l'école. Le temps passe, l'enquête piétine. Le silence et la peur détruisent la famille du petit garçon et hantent ses camarades d'école. Des noms sont prononcés - innocents injustement salis ou suspects à traquer sans relâche ?
Il y a Andy, garçon naïf tout juste sorti de prison ; Brent, pédophile repenti que ses voisins menacent de lyncher ; et un mystérieux couple de milliardaires américains, nouveaux venus à Lafferton.
Simon Serrailler est chargé de l'affaire, qui éveille en lui de douloureux échos...
(Quatrième de couverture)
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AU RISQUE DES TENEBRES
Un garçon de neuf ans a disparu un matin de la petit ville de Lafferton, sans explication. L'affaire hante encore les mémoires et, malgré l'absence d'indices, le séduisant et solitaire inspecteur Simon Serrailler poursuit l'enquête. Quand un deuxième, puis un troisième enfant sont kidnappés à leur tour, convaincu que le profil du ravisseur n'a rien d'ordinaire, il s'engage dans une terrifiante course-poursuite.
Il découvrira alors l'inimaginable : la confrontation au mal absolu, qu'il tentera jusqu'au bout de comprendre, à force d'interrogatoires et d'enquêtes. Qui est donc ce serial killer apparemment sans mobile, sans pathologie et sans antécédents ? Et comment l'inculper si aucun cadavre n'a pu être retrouvé ?
Lorsque de nouveaux drames viennent frapper des femmes de Lafferton, les certitudes de Simon Serrailler semblent définitivement s'effondrer. (Quatrième de couverture)
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LA MORT A SES HABITUDES
Une toute jeune mariée qui attend le retour de son époux, la maman célibataire d'un bébé de dix-huit mois, deux adolescentes à l'entrée d'une boîte de nuit... D'un bout à l'autre de la ville, un homme armé tue des jeunes femmes, froidement, sans laisser le moindre indice derrière lui. Quel est le lien entre les agressions ? Y en a-t-il seulement un ? Jamais le commissaire Simon Serrailler, en charge de l'affaire, n'a démarré une enquête avec si peu d'éléments et dans une telle tension professionnelle et personnelle... En même temps, il doit faire face à la tragédie qui frappe l'être dont il est le plus proche au monde : sa soeur Cat.
(Quatrième de couverture)
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Mon avis :
Dans cette petite ville tranquille de la province anglaise, Lafferton, Susan Hill met en scène un certain nombre de personnages qui, tous, ont un lien, direct ou indirect, avec les intrigues, et qui se promènent, se croisent, comme dans un labyrinthe.
Nous, lecteurs, nous nous trouvons intimement liés à chacun d'eux, comme s'ils étaient réels, partageant leur quotidien ordinaire, leurs joies, leurs peines, nous attachant peut-être, sans le savoir, aux assassins.
Ces ouvrages sont remarquablement bien écrits, bien construits, maitrisés, diaboliques et intelligents.
Le roman policier dans ce qu'il a de meilleur !
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Moka
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NOIR OCEAN, de Stefan Mani (Gallimard)

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Stefan Mani est né en 1970 à Reykjavik, en Islande, et a grandi dans un village de pêcheurs. La mer est un univers qu'il connait bien. Noir Océan est son premier roman traduit en français.
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L'histoire :
Neuf hommes vont embarquer dans quelques heures sur le Per se, un cargo qui mériterait la casse plus qu'un voyage supplémentaire.
Pour entrer dans l'aventure, l'auteur nous présente les personnages en nous conviant à partager avec eux leurs dernières heures avant le départ.
La vie à terre de chacun d'eux semble être tout aussi chaotique, sombre et dangereuse que ce qui les attend au coeur de l'océan.
"Des types aussi détraqués que le navire qu'ils sont censés manoeuvrer".
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Mon avis :
Un duel terrifiant entre un monstre d'acier et la mer enragée. Pris en tenaille entre les deux, une poignée de pauvres âmes, des pantins désarticulés, ballotés, submergés, mis à l'épreuve.
Un voyage au bout de l'enfer à bord d'un vaisseau fantôme où se cotoient Dieu et Diable, Bien et Mal, confiance et trahisons, partage et individualisme, paix et violence, fable philosophique et thriller oppressant, conte métaphysique et flingues et salopards.
A consommer frappé sans modération jusqu'à la dernière ligne...
Moka
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LES ROMANS POLICIERS - LES LIBERIADES ONT LU POUR VOUS...

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Retrouvez les coups de coeur "Nouveautés" et les analyses de Marie dans son blog personnel "La Page Déchirée" (maufil.blogspot.com)
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Retrouvez les coups de coeur et les analyses de Moka dans ce blog :
- Noir Océan, de Stefan Mani (Gallimard)
- La mort a ses habitudes, de Susan Hill (Robert Laffont)
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Retrouvez les coups de coeur et les analyses "Littérature Jeunesse" de Moka dans son blog personnel "Cappuccino chez Lou Guitar" (cappuccinochezlouguitar.blogspot.com) :
- Journal d'un chat assassin, d'Anne Fine (L'Ecole des Loisirs)
- Les évadés du Mont-Saint-Michel, de Fabian Grégoire (L'Ecole des Loisirs)
- Imprégnation, de David Almond (Gallimard - Scripto)
- Et à partir du 8 décembre, quelques idées pour Noël...
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LES ROMANS POLICIERS - VOUS NOUS AVEZ PRESENTE...

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  • Alexander Mc Call Smith
  • Manuel Vazquez Montalban
  • Fred Vargas
  • Jean-Claude Izzo
  • Charles Exbrayat
  • Claude Izner
  • Jean-Michel Thirau
  • Stephanie Barron
  • Frédéric Dard
  • Martha Grimes
  • Agatha Christie

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LES ROMANS POLICIERS - CONCLUSION

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LES ROMANS POLICIERS peuvent mêler à la fois le réel et la fiction. Ils peuvent être aussi totalement fictionnels et entraîner le lecteur, avec son consentement, vers des scènes et des univers insoutenables et inimaginables dans la vie.
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Depuis quelques années, ils connaissent une véritable explosion avec des auteurs de qualité et un lectorat de plus en plus exigeant.
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LES ROMANS POLICIERS - LES MOTS DE...

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"Les mots avaient été écrits au crayon de papier sur une feuille déposée sur le cadavre. Trois mots, incompréhensibles pour Erlendur.
Le corps était celui d'un homme qui semblait avoir dans les soixante-dix ans. Il était allongé à terre sur le côté droit, appuyé contre le sofa du petit salon, vêtu d'une chemise bleue et d'un pantalon brun clair en velours côtelé. Il avait des pantoufles aux pieds. Ses cheveux, clairsemés, étaient presque totalement gris. Ils étaient teints par le sang s'échappant d'une large blessure à la tête. Sur le sol, non loin du cadavre, se trouvait un grand cendrier, aux bords aigus et coupants. Celui-ci était également maculé de sang. La table du salon avait été renversée."
Arnaldur Indridason - La Cité des Jarres
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LES ROMANS POLICIERS SCANDINAVES

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Sans nul doute, celui qui a popularisé à un point tel les "polars polaires" est le suédois Stieg Larsson avec son extraordinaire Millénium, un roman parfaitement construit, une intrigue méticuleusement ciselée et une incroyable documentation.
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A elle seule, cette trilogie est un condensé de tous les thèmes que l'on retrouve aujourd'hui dans les romans policiers scandinaves, qu'ils soient suédois, danois, norvégiens, islandais (peu de finlandais) :
  • Percée inquiétante du nationalisme
  • Fascination pour le fascisme
  • Intolérance envers les exclus, les pauvres, les étrangers
  • Scandales politiques, économiques, financiers, sexuels, espionnage
  • Le climat rude, la force de la nature
D'autres auteurs scandinaves incontournables :
  • L'islandais Arnaldur Indridason, et son détective Erlendur. Ses thèmes récurrents sont les disparitions sur fond d'Islande, personnage à part entière, avec sa géographie, son climat, sa nature, ses jours et ses nuits sans fins, qui influent au-delà de ce qu'on imagine, nous, Français, dans notre confortable environnement, et qui apportent leurs lots de dépressions, d'alcoolisme, de drogues
  • Le suédois Henning Mankell (gendre d'Ingmar Bergman), et son très attachant commissaire Kurt Wallander, flic désabusé, dépressif, solitaire. Proche de Stieg Larsson dans le fond et le style, le côté journalistique en moins mais la psychologie des personnages en plus
  • Le norvégien Gunnar Staalesen (dont l'un des plus grand fan est l'écrivain français Martin Winckler), et son détective privé Varg Veum, ancien salarié de la protection de l'enfance, situe ses enquêtes dans la ville de Bergen dans les années 1980 où règnaient meurtres et toxicomanie, dans un climat plus qu'éprouvant et gris

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LES ROMANS POLICIERS - LES MOTS DE...

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"Aujourd'hui que notre glorieuse dynastie Ming fait régner l'ordre et la paix dans l'Empire, les récoltes sont abondantes, sécheresses et inondations ont disparu, et le peuple connaît enfin le bonheur et la paix. Mais en ces temps de félicité, dus entièrement à l'Auguste Vertu de sa Majesté Impériale, les actes de violence sont devenus rares. Il nous faut maintenant nous tourner vers le passé pour trouver le récit de crimes abominables ingénieusement résolus par des magistrats perspicaces."
Robert Van Gulik - Le mystère du labyrinthe
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LES ROMANS POLICIERS - GENRES

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Dans les Romans Policiers, nous avons retenu différents genres :
  • Le Roman à Enigmes (Agatha Christie, Edgar Allan Poe, Arthur Conan Doyle, Patricia Mc Donald, Martha Grimes, Elisabeth George, P.D. James, Ruth Rendelle...)
  • Le Thriller (médical, juridique, politico-économique, informatique, psychologique) (Daphné du Maurier, Patricia Highsmith, Thomas Harris, John Grisham, Dennis Lehane, Jean-Christophe Grangé, Maxime Chattam...)
  • Le Roman Noir (Dashielle Hammet, Raymond Chandler, Michael Connelly, James Ellroy, Ian Rankin, Henning Mankell, Deon Meyer, Jean-Patrick Manchette, Thierry Jonquet, Sébastien Japrisot...)
  • Le Roman Policier Historique (Claude Izner et son Paris Belle-Epoque, Robert Van Gulik et le Juge Ti, Alexander Mc Call Smith et le Botswana contemporain, Théophile Gautier et l'Egypte Ancienne, Ellis Peters et son Frère Cadfaël, Umberto Eco et l'Inquisition, Anne Perry et l'Angleterre Victorienne, Jean-François Paros et son Nicolas Le Foch sous Louis XV...)
  • Le Roman d'Espionnage (la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide, les Attentats du 11 septembre 2001) (Ian Fleming, John Le Carré, Robert Ludlum, Tom Clancy...)

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LES ROMANS POLICIERS - LES MOTS DE...

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"Le souffle court, Mrs McGillicuddy trottinait le long du quai à la poursuite de son porteur. Mrs McGillicuddy était courtaude et replète, le porteur était grand et avançait à longues enjambées. S'il s'était chargé de la valise, Mrs McGillicuddy, qui venait de faire ses achats de Noël, croulait sous le poids d'une multitude de paquets. La lutte était donc inégale et Mrs McGillicuddy amorçait tout juste la ligne droite que déjà l'homme disparaissait, avalé par une courbe, à l'autre extrémité du quai."
Agatha Christie - Le train de 16h50
(Retrouvez Agatha Christie dans "Les Ecrivains Voyageurs" de ce blog et dans le blog "Cappuccino chez Lou Guitar")
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LES ROMANS POLICIERS

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Jusqu'au XVIIIème siècle, sans vraiment parler de roman policier, la littérature offre des passages d'enquêtes, policières ou non, d'accusations, de jugements.
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Au XVIIIème siècle apparaît en Europe le Romantisme, qui s'apparente aujourd'hui au Néo Romantisme ou au Gothique, avec un engouement pour le macabre et le sentimental, et qui évolue progressivement, à partir de 1850, vers le Roman Fantastique. Ce courant Romantique inspire de nombreux auteurs comme Edgar Allan Poe et Arthur Conan Doyle.
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Les civilisations industrielles, l'expansion des grandes villes, les faits divers, sont aussi une source d'inspiration formidable. L'affaire de Jack L'Eventreur fascine Arthur Conan Doyle. En France, Emile Gaboriau écrit le premier roman policier en 1863 : "L'affaire Lerouge".
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