jeudi 27 octobre 2011

LA POESIE, LE SLAM, LES HAÏKUS - François Villon

François Villon (1431 - ?) :
La poésie de ce voyou sublime éclaire la fin du Moyen Age. Sa vie ajoute à sa gloire une légende sulfureuse. Né à Paris, élevé par le chanoine Guillaume de Villon, dont il prend le nom, François de Montcorbier fut un mauvais garçon. Cambriolages, rixes, meurtres, compagnon des Coquillards, pilier de bordel, mais aussi familier des cours princières. Condamné, libéré, pardonné, puis, pour une broutille, en tant que récidiviste, il est condamné à être pendu. Sa peine sera commuée en dix ans de bannissement. Il quitte alors Paris sans laisser de traces.
Poète lumineux, reconnu comme un maître du verbe, il atteint la perfection de la poésie médiévale et la dépasse en fondant une autre poétique. Liberté d'expression, langue du peuple, s'emparent de ses textes. Il met en question le monde et son savoir pour dire avec une sombre ironie son expérience d'autant plus vraie qu'il connut tous les excès : plaisir et souffrance, mal et beauté. Il a écrit des poèmes en jargon difficilement traduisible. C'était la langue parlée par les voyous et notamment les Coquillards.

A lire : l'excellent "Je, François Villon" de Jean Teulé (Julliard)

Extrait de "L'Epitaphe de Villon" ou "Ballade des pendus"

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

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